HQ, ETOUSA

Office of AC of S, G-2

 MIS Detachment

 

 

2 septembre 1943

 

 

 

E&E REPORTS NOS. 76, 77, 78, 79, & 80

EVASION IN FRANCE

 

 

 

 

 

 

Louis L.Haltom,

lst Lt

338 Bomb Squadron,

96 Bomb Group

 

Age: 24 ans

Durée de service: 2 ans, 11 mois

Adresse : Texas

Porté manquant le : 17 mai 1943

Arrivé en Espagne : 10 août 1943

Arrivé à Gibraltar : 19 août 1943

Arrivé en Angleterre : 21 août 1943  

Roy A.Martin,S/sgt

338 Bomb Squadron,

96 Bomb Group

Age: 23 ans

Durée de service:1 ans, 8 mois

Adresse : Arkansas

Porté manquant le : 17 mai 1943

Arrivé en Espagne : 30 juilet 1943

Arrivé à Gibraltar : 19 août 1943

Arrivé en Angleterre : 21 août 1943  

Willliam C.Martin,

S/Sgt

338 Bomb Squadron,

96 Bomb Group

Age: 22 ans

Durée de service: 1 an

Adresse : Arkansas

Porté manquant le : 17 mai 1943

Arrivé en Espagne : 10 août 1943

Arrivé à Gibraltar : 19 août 1943

Arrivé en Angleterre : 21 août 1943  

Glen Wells,T/Sgt

338 Bomb Squadron,

96 Bomb Group

Age: 20 ans

Durée de service:   2 ans

Adresse : Kentucky

Porté manquant le : 17 mai 1943

Arrivé en Espagne : 10 août 1943

Arrivé à Gibraltar : 19 août 1943

Arrivé en Angleterre : 21 août 1943  

Niles .Loudenslager,

S/sgt

338 Bomb Squadron,

96 Bomb Group

Age: 27 ans

Durée de service: 1 an, 3mois

Adresse : Kentucky

Porté manquant le : 17 mai 1943

Arrivé en Espagne : 10 août 1943

Arrivé à Gibraltar : 19 août 1943

Arrivé en Angleterre : 21 août 1943  

 


 

 

MEMBRES DE L’EQUIPAGE:

 

Pilote

lst Lt, Louis Lafayette HALTON

Narrateur

Copilote

F/O, George Ernest FORSLUND

Porté disparu

Navigateur

lst Lt, Bailey Jackson LOVEN,JR

Prisonnier de guerre

Bombardier

Lst Lt, George Dewley RAWLINGS

Prisonnier de guerre

Opérateur radio

T/Sgt, Glen Wells

Narrateur

Mitrailleur de tourelle supérieur

T/Sgt Herman L.MARSHALL

Retourné en mission

Mitrailleur de tourelle boule (inférieur)

S/Sgt Roy .MARTIN

Narrateur

Mitrailleur de coté

S/Sgt Niles D.LOUDENSLAGER

Narrateur

Mitrailleur de coté

S/Sgt William C.MARTIN

Narrateur

Mitrailleur de queue

S/Sgt Andrew L.JORINSCAY

Porté disparu

Observateur

Capt William G .CARNAHAN

Prisonnier de guerre

 

 

 

Témoignage du lieutenant Haltom :

 

 

Nous avons quittés notre base à 08:30 du matin, le 17 mai 1943 pour bombarder Lorient. Aucun chasseur ni DCA (flak) furent rencontrés pendant le trajet vers la cible. Alors que nous commencions notre approche vers le point de bombardement la DCA a touché le moteur numéro 3, et nous n’avons pas pu mettre l’hélice en drapeau. Le numéro 2 a aussi été touché, et fumait. Il répandait de l’huile sur le fuselage. Quand le stabilisateur a été touché a son tour, nous avons perdu le contact avec la formation. Nous avons ensuite augmenté le nombre de tours du moteurs, et nous avons rejoint le Groupe no.95 qui se trouvait en dessus de nous. Après avoir  lâché nos bombes, le Groupe tourna à gauche au dessus de Lorient puis retourna au-dessus de la péninsule de Brest. Notre avion commença a secouer tellement que le reste du Groupe a du ralentir à 275 km/h pour nous permettre de les suivre. Une forte attaque de chasseurs commença alors que nous retournions au-dessus de la terre. Notre tourelle boule était devenue inutile, la valve d’oxygène avait gelé, et notre mitrailleur de queue avait été gravement touché. Les chasseurs attaquèrent d’en dessous, et trouèrent l’aile gauche à partir du moteur numéro 2.Dès lors, nous ne pouvions plus rester avec le reste de la formation.

 

 

Environ 20 kilomètres au Nord-Ouest de Carhaix, je donnais l’ordre d’évacuer l’avion. Après que le copilote eut quitté son siège, l’avion commença a quitté, mais je réussis à le redresser. Peu après je sortis par la trappe à bombe alors que nous étions à 3600 mètres, ouvrant mon parachute immédiatement. J’ai vu ensuite l’avion toucher le sol et exploser. La section de queue s’était détachée avant que l’avion s’écrase. J’ai vu un parachute et deux chasseurs tourner autour de moi, sans me créer d’ennuis.

 

Je suis tombé lourdement dans un champ labouré. Après m’être débarrassé de mon parachute et de mon gilet de sauvetage, le sergent Martin qui avait atterri dans le champ voisin me rejoint. Un groupe de français surexcités arriva en courant à travers les champs et prit nos équipements. Ils nous menèrent  non loin vers une parcelle de lande, où ils nous donnèrent de la nourriture et de vieux vêtements. Cette nourriture et ces vêtements avaient du être préparé par les français dès qu’ils nous avaient vu sauter en parachute. Ni le sergent ni moi ne connaissions le français, nous eûmes quelques consignes de nos sauveteurs, et nous avons commencé à marcher vers le sud.  

 

Avant que nous ayons beaucoup marché, nous avons été rejoint par un jeune français qui parlait un peu anglais. Il nous a conduit vers une ferme où nous avons eu l’impression que les gens étaient très en colère contre nous. Depuis là, ce jeune français nous a emmené à la frontière d’un champs, nous a caché, et nous a dit qu’il reviendrait la nuit. Très peu de temps après qu’il nous ait quitté, une jeune femme est venue vers nous, et nous a déplacé d’environ 500 mètres vers une autre cachette. Elle est ensuite revenue avec une femme qui parlait anglais. Elle nous a dit que le jeune homme qui nous avait d’abord caché travaillait pour les allemands et qu’il s’apprêtait a nous trahir. Elle connaissait un homme qui pourrait nous aider, et l’a amené à notre cachette environ 2 heures plus tard.

 

Celui-ci nous a conduit  à un bois où nous avons retrouvé le sergent Loudenslager. Sa jambe avait été cassée par un éclat de DCA avant qu’il ne quitte l’avion. Plus tard dans la nuit, les sergents Marshall et Wells, conduit par les français, nous ont rejoint. C’est d’ici que la suite de notre voyage a été arrangée.

 

 

Témoignage du sergent Roy A. Martin, avant qu’il ne rejoigne le lieutenant Haltom :    

 

J’étais à ma position dans la tourelle boule quand nous avons mis l’oxygène à 2500 mètres. C’était ma méthode habitude que de remplir ma bouteille d’oxygène avant de survoler les côtes ennemies. J’ai appelé le mitrailleur de côté, qui a commencé à remplir la bouteille pour moi, mais la valve avait gelé. L’oxygène  a été immédiatement perdue. Je suis sortie de ma tourelle, et nous avons essayé par tous les moyens possibles de brancher la valve, mais nous n’avons pas réussi. J’ai du arrêter quand mes mains ont commencé a geler.

 

Les bouteilles portables d’oxygène n’étaient pas suffisantes pour les utiliser dans la tourelle, je me suis donc assis près de la porte menant à la salle radio, et je continuais à bouger la tourelle comme leurre. Je ne voyais que très peu de choses de ma position. Les moteurs 2 et 3 avait été touché par la DCA , le numéro 2 ne fonctionnait plus, et l’hélice du numéro 3 tournait dans le vide. Notre stabilisateur avait explosé, et nous avions des trous dans nos ailes. Nous avons ensuite rejoint ensuite un autre groupe, et largué nos bombes.

 

Nous avons vu des chasseurs pendant notre phase de bombardement, mais nous avons pu les tenir a distance pour un temps. Toutes les mitrailleuses marchaient, à l’exception de la tourelle boule. Quand les chasseurs se sont approchés, sur leur première attaque la jambe du sergent Loudenslager a été cassé. Il est resté à sa position et a continué à tirer. Le sergent W.C.Martin a été touché au même moment, et s’est cogné contre la tourelle boule.

 

Je l’ai remis sur oxygène, et j’ai pris sa mitrailleuse. Il était capable de bouger la tourelle boule depuis là où il était allongé sur le sol. Maintenant que nous avions quitté toutes formations, les chasseurs s’accumulaient. Les mitrailleuses de queue se sont arrêtées et nous n’avons plus eu de nouvelles du mitrailleur de queue. Les chasseurs nous ont attaqués à 5 heures et à 7 heures, après qu’un d’eux  ait arraché le stabilisateur gauche et touché l’aile nous avons reçu l’ordre d’évacuer l’avion.            

 

Le sergent Wells est sorti de la salle radio et essayait d’enlever la porte de côté. Ni lui ni le sergent Loudenslager ne parvint a déclencher l’ouverture d’urgence. Pendant que le sergent Wells tirait la porte…..  le sergent Loudenslager, allongé sur le sol à ses côtés, le poussa dehors a 5400 mètres. Le sergent Martin était revenu en rampant à la porte de côté avec son parachute, mais ne pouvait l’attacher a cause de son bras qui était bien amoché. Pendant que le sergent Loudenslager tentait de forcer le passage à travers la porte de côté à moitié ouverte, je commençais à traverser la fenêtre de côté, mais regardant derrière moi je vis que le sergent W.C Martin avait des problèmes. Je suis venu l’aider, et immédiatement après que j’ai accroché les sangles de son parachute sur sa poitrine, l’avion piqua sévèrement et parti en vrille sur la droite. Nous avons été projeté au sol. Je pouvais un bruit de déchirement derrière moi, mais la pression qu’exerçait le vent était si forte que je ne pouvais tourner ma tête pour voir ce qui se passait. Toute la partie de la queue s’est tordue. Je n’ai pas pu voir ce qui est arrivé au sergent W.C Martin, mais après que la queue se soit détachée, la spirale de l’avion ralentit, et je fus aspiré par le trou a l’arrière du fuselage. J’ai ouvert mon parachute immédiatement. Pendant la descente je fus entouré par un chasseur ennemi qui ne m’accorda pas beaucoup d’attention.

 

J’atterris, sain et sauf, et je fus immédiatement entouré par un attroupement de français. Après leur avoir donné mon parachute et ma veste, j’ai rejoint le lieutenant Haltom qui avait atterri dans un champ voisin.     

 

 

Témoignage du sergent William C. Martin, avant qu’il ne rejoigne le lieutenant Haltom :    

 

Il y avait un trou d’environ soixante centimètres en face de la roue de queue. J’ai été touché trois fois par la gauche, et une fois sur le bras gauche, ce qui m’a fait percuter la tourelle boule. Le sergent Loudenslager a été touché à la jambe au même moment mais trébucha seulement et continua à tirer avec ses mitrailleuses. Depuis ma position au sol, je m’efforçais de continuer à faire bouger la tourelle boule. J’ai vu le sergent Loudenslager et le sergent Wells se diriger vers la porte latérale pour évacuer l’appareil. J’ai rampé vers la porte et j’ai essayé d’ajuster mon parachute. Quand le sergent Roy Martin  a vu les problèmes que je rencontrais il est revenu m’aider. Il avait à peine bouclé les sangles de mon parachute sur ma poitrine, que l’avion partit en vrille, et nous avons été projetés au sol.

 

Quand la section de queue s’est tordue, mon pantalon de vol s’est accroché à l’endroit où le fuselage s’était déchiré, et j’ai été traîné en dehors de l’avion. J’ai sent le vide sous moi. J’ai cherché a déclencher l’ouverture de mon parachute, et j’ai vu que mon parachute était derrière moi. Après avoir essayé de l’atteindre plusieurs fois, je descendis le parachute afin de pouvoir tirer sur la corde et le déclencher. J’ai regardé vers le haut pour voir s’il s’était effectivement ouvert, et je me suis senti jaillir vers le haut. Il y a eu un énorme vacarme non loin de moi, et en regardant autour de moi j’ai vu l’avion qui brûlait environ 50 mètres plus loin.

 

Après avoir enlevé mon parachute et mon équipement de vol, j’ai vu des gens au loin sur une route. Ils se dirigeaient vers moi, et j’ai pensé qu’ils ressemblaient à des français. Une femme parmi ce groupe avait un vélo, je lui ai donné une partie de mon argent contenue dans ma pochette d’évasion, et suis parti en vélo. J’avais seulement roulé quelques centaines de mètres quand un jeune homme me rejoint en courant. Il m’a indiqué de venir dans une maison. Je me suis déshabillé là, et me suis mis au lit. Plus tard dans l’après midi, des français sont arrivés dans la maison, et m’ont aidés à mettre des vêtements civiles, et m’ont  transportés dans une charrette sur environ 3 kilomètres. De là mon voyage a été organisé. Pendant la nuit, le lieutenant Haltom, les sergents Loudenslager, Marshall, Wells, et Roy Martin ont été emmenés dans la maison dans laquelle j’étais.

 

      

Témoignage du sergent Wells, avant qu’il ne rejoigne le lieutenant Haltom :

 

Après avoir entendu l’alarme et l’ordre d’évacuer l’appareil, je me suis dirigé vers le côté de l’appareil. J’ai essayé de retirer la porte, mais la DCA avait arraché la poignée de la porte d’urgence. Enfin j’ai retiré la porte suffisamment pour me permettre de sortir ma tête, et le sergent Loudenslager me poussa dehors. Nous étions à environ 3600 mètres.

 

Quand j’ai atterri, une femme m’attendait et m’emmena chez elle. Après avoir attendu, elle revint avec un homme qui parlait anglais. Il me donna son manteau après avoir caché mes affaires de vol, et m’emmena à son tour chez lui, où je retrouvais le sergent Marshall. Plus tard dans la nuit nous fûmes rejoint par le lieutenant Haltom.

 

 

Témoignage du sergent Loudenslager, avant qu’il ne rejoigne le lieutenant Haltom :

 

Peu après que j’ai été touché à la jambe par une mitrailleuse, l’opérateur radio vint nous dire que l’ordre d’évacuer avait été donné. Je boitais jusqu'à la porte latérale avec lui, et j’essayais de l’ouvrir. Quand il parvint finalement à la maintenir à moitié ouverte, je le poussais dehors, et forçais mon passage vers l’ouverture. J’ai tiré la corde de mon parachute, et quand le parachute s’est ouvert j’ai vu qu’il y avait de gros trous dedans. Pendant que je retirais mon masque à oxygène, un chasseur ennemi  tourna autour de moi.

 

J’atterris tout près d’un petit village et fus entouré par un grand nombre de français. L’un des hommes m’emmena dans un bois et, plus tard le lieutenant Haltom me rejoint. J’avais protégé ma jambe cassée pendant l’atterrissage en la serrant contre ma poitrine. Les français s’occupèrent de mon parachute. Ils ont aussi bandé ma jambe avant de m’emmener dans un bois et de me cacher.