Publication originale en anglais dans la lettre du 96e Groupe de bombardement,

 

8th Air Force, 96th Bomb Group Newsletter No 19, Août 1991

 

 

Le Premier à tomber

 

Avec George Rawlings en tant que bombardier à la place de Bob McGuiniss malade de la grippe, et avec le capitaine William Carnahan à bord comme observateur, l’équipage du Boot Hilldu premier lieutenant Louis Haltom a été le premier du 96ème groupe de bombardement a tomber au combat le 17 mai au cours d’un raid contre les abris des sous-marins Nazis à Lorient.

En fait, pour le bombardier Rawlings, c’était comme la foudre qui frappe deux fois au même enfroit. Il avait du sauter en vol quatre jours avant près de Kings Lynn. Son pilote, le capitaine Darrel Rogers n’avait pas eu autant de chance et était mort dans la mer du Nord.   

L’équipage du lieutenant Haltom a été formé à Walla Walla à la fin de 1942. Avec très peu de remplacements, les 10 hommes de départ restèrent ensemble. Quand le groupe du 96ème a commencé à voler de Grafton Underwood, l’équipage du Boot Hillavait effectué deux raids avant d’être descendu.

Nous présentons ici deux aspects de l’histoire du Boot Hill. Le premier aspect est le témoignage de George Rawlings sur les événements avant l’évacuation de l’avion, et le deuxième est le témoignage du pilote Louis Haltom.

 

Note :D’après un autre document fourni par George Rawlings, la mission du 17 mai 1943 était le bombardement de la centrale électrique de Lorient, avec 2 bombes de 500 kg pour chaque avion B-17, faite par 12 avions sur les 20 du groupe 96, ainsi que par les avions du groupe 94 et 95.

 

Témoignage de Rawlings

 

Ce matin là, le 17 mai, je suis allé au quartier général pour demander au colonel Old si je pouvais me rendre aux funérailles de mon pilote, le capitaine Rogers. Le colonel me dit que je devais prendre mes habits de vol, et me rendre immédiatement au briefing, car je devais voler à la place de Bob McGuiniss.

«Je ne connaissais aucun des membres de l’équipage du Boot Hill. Je ne connaissais pas non plus le capitaine Carnahan, qui volait avec nous en tant qu’observateur, et prit position entre le pilote et le copilote. Dans mon souvenir, quand nous sommes arrivés au dessus de la côte française nous étions en queue de la chaîne d’avions, et il n’y avait pas de chasseurs amis aux alentours.

Peu après être entré en France, nous avons rencontré les nez jaunes des Focke Wulfs. Alors que je leur tirais dessus, ma mitrailleuse gela, mais je pus redevenir opérationnel grâce à une petite bouteille de kérosène que certains bombardiers embarquaient à cet effet. Si je me rappelle correctement, nous avons été touché par la flak juste après que nous ayons tourné sur IP (Initial approach). Notre pilote était déterminé à poursuivre nos objectifs malgré tout. Dès que j’ai largué les bombes, nous avons tourné pour intercepter la formation principale qui avait déjà tourné pour l’Angleterre. Nous avons alors été attaqués par un grand nombre de chasseurs.

Je me rappelle un moteur monter dans les tours, et un autre complètement hors d’usage. Un peu près au même instant ma boîte de munitions a été touchée, et un des bouts incendiaires a commencé à s’embraser. Nous étions très probablement touché ailleurs car le lieutenant Haltom fit sonner la cloche d’évacuation. J’atterris dans un grand arbre qui amortit ma chute, et je suis tombé quelque deux mètres plus bas sur une clôture. Plus tard je me suis rendu compte que j’avais des blessures aux côtes.

Trois d’entre nous qui avions sauté de l’avion, le navigateur Baily Lovin, la capitaine Carnahan et moi avons atterri dans une ville de garnison allemande, et nous avons été capturé par les allemands. Nous avons été emmenés dans une grande cellule d’une prison, puis emmenés à St Brieuc et placé dans un train pour Francfort. Le train s’est arrêté en route à une base de chasseurs Focke Wulf et un repas nous a été servi dans le mess des officiers. Un des allemands nous a dit que c’est lui qui nous avait descendu. Beaucoup plus tard à Stalag Luft III j’ai été rejoint par deux membres de l’équipage du début, Norville Gorse et Joe Hudson. Je dois dire que Louis Haltom a fait un boulot d’enfer en gardant l’avion en l’air et stable jusqu'à ce que nous sautions.

Bien que, comme nous le savons tous maintenant nous ne sommes pas tous sortis de l’avion, le co-pilote Forslund avait été tué par la Flak.»

 

 

D’après la reconstitution des témoignages des évadés

 

 

Se tordant dans son harnais le lieutenant Haltom essaya de compter les parachutes alors qu’il descendait. De fait il était distrait et son impact avec le sol lui provoqua une mauvaise entorse de la cheville. Le sergent Roy Martin, le mitrailleur d la tourelle boule, atterrit juste de l’autre côté d’une clôture de son pilote. Il rejoint Haltom et lui administra de la morphine. Bientôt des fermiers français apportèrent du vin, du fromage et des habits civils. Ils les amenèrent loin des régions où il y avait une forte concentration d’allemands. Haltom et Martin se cachèrent dans une forêt où ils ont attendu la tombée de la nuit. Dès qu’il fit sombre ils ont été contacté par des résistants français, notamment des professeurs et des fermiers. Cette unité de résistance procura de la nourriture et arrangea pour eux leur évasion de ce coin ‘chaud’. Ils arrivèrent dans le petit village de St Guy environ 60 kilomètres plus loin. Ils restèrent en sécurité dans une maison et un petit garçon pendant deux semaines. Ils passèrent ensuite la troisième semaine dans une autre maison avec un couple plus vieux. Ils furent à nouveau déplacés, cette fois-ci au château Du Bourblanc, maison du comte et de la comtesse De Mauduith. Le comte avait précédemment échappé de la France occupée dans un petit bateau, et avait rejoint le groupe du Général de Gaulle en Afrique du Nord. La comtesse, américaine de naissance, déclarait qu’elle ne n’imaginait pas voir des aviateurs alliés se faire descendre jour après jour sans rien faire. Elle a dons rejoint les réseaux de résistance et leur fournit avec sa maison un endroit sur. Plus tard, cette charmante et courageuse femme fur récompensé par la ‘médaille de la liberté’ par les généraux de Gaulle et Eisenhower. Il n’y a pas de récompense américaine pour les civils qui soit plus élevée.

Mais les allemands intensifièrent leurs activités dans la région. Un matin, des chiens qui aboyaient alertèrent Haltom et ses hommes. Les allemands étaient juste en face et posaient des questions. Haltom et sa petite bande se cachèrent dans le grenier dans un espace exigu entre le sol et le plafond jusqu'à ce que les allemands partent. Mais les allemands avaient pris la comtesse et son  entourage avec eux!          

    Les hommes n’osèrent partir après minuit. Ils sont repartis à St Guy chez le couple âgé. Répondant a leur appel au milieu de la nuit  après avoir eu peur qu’ils aient été déjà été capturés et que les allemands les avaient forcé à identifier les personnes qui leur avaient apporté de l’aide. Ils la convainquirent que ce n’était pas le cas et ils y passèrent la nuit jusqu'à ce qu’ils soient dans des conditions plus sures.

A ce moment là la résistance les déplaça sous la protection d’une infirmière française et de son mari à Paris. De là, ils ont été conduit dans la clandestinité vers le sud de la France dans un train de la croix rouge qui évacuait les enfants de la capitale. Une fois de plus ils furent sous la protection de la résistance jusqu'à ce qu’il soient confiés à un guide. Survivant de pommes vertes et de pain l’équipage fut guidé dans une randonnée de deux semaines vers l’Espagne.

         Mais la liberté n’était pas encore gagnée :sans papiers il était encore nécessaire de se cacher jusqu'à ce qu’un officier britannique de l’ambassade à Madrid puisse leur venir en aide. Finalement Haltom et ses hommes sortirent de la ville, et allèrent à Gibraltar où un C-47 les emmena au quartier général de la 8ème Air Force en Angleterre, et furent décoré par le général Eisenhower. Le lieutenant Haltom se rendit d’une base à une autre pendant 6 semaines, donnant des conférences sur les tactiques d’évasion. Donc, la plupart des ‘premiers à tomber’ derrière les lignes ennemies furent aussi les premiers à revenir.

 

 

 

 

Epilogue  

 

Les évadés étaient: le pilote Louis Haltom, les mitrailleurs H.Marshall, Roy Martin, Glenn Wells, N.Loudenslagger et William.C Martin.

Le bombardier Bob McGuinniss, qui grâce à la grippe n’avait pas été descendu avec ses copains de Boot Hill , fut descendu et capturé le 28 juin.

George Rawlings qui survécu au travail obligatoire devint pilote et a servi en Corée et au Vietnam.

Le pilote Louis Haltom fut transféré au 449ème groupe de bombardiers du 20ème Air Force et vola sur un B-29 contre le Japon.