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Histoire  
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|  L'époque préhistorique à Landeleau | L'âge de pierre | Les Osismes. | Une empreinte romaine superficielle ? | Les Invasions barbares |  Les origines de la paroisse | Vie et Légende de Saint-Thélo | 

L'époque préhistorique à Landeleau
Landeleau fut habité dès le deuxième millénaire avant JC. Plusieurs découvertes préhistoriques en font foi. La plus importante est celle du camp fortifié de Penfoul et son cimetière utilisé par des populations préceltiques, puis par les Celtes, à partir du IVe siècle avant JC: ces deux groupes humains ayant donné le peuple des Osismes qui continua à vivre suivant ses traditions pendant l'occupation romaine, sans avoir été vraiment romanisé. Dispersés en petites communautés rurales, ils cultivaient des céréales et élevaient du bétail.

La carte ci-contre (à droite) montre que le territoire fut déjà bien occupé depuis les âges de la pierre. Bien sûr, il ne s'agissait alors que de petits groupes d'habitants, ne dépassant guère quelques dizaines d'individus puisqu'on estime la population de l'âge du fer dans la péninsule à environ 200000 personnes, ce qui fait 3 à 10/Km2, avec des zones souvent complètement vides. La chronologie ci-jointe montre par ailleurs où se placent dans le temps les découvertes de Landeleau par rapport à la préhistoire en général, avec quelques références à la Bretagne à partir du IVe millénaire. L'époque précédente (le Paléolithique ou ère de la pierre taillée) n'a pas laissé de traces dans la commune, ou du moins aucune découverte de cette époque n'a été faite jusqu'à présent.
Extrait du livre
 
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L'âge de pierre
Les vestiges les plus anciens concernent le Néolithique (âge de la pierre polie) c'est à dire la période allant du IVe au lIe millénaire avant JC : ainsi cette hache polie en dolérite, roche volcanique à grains fins, trouvée à Park Misteric en Menez Banal et qui provient sans doute des ateliers de Plussulien en Côtes-du-Nord, ce qui nous montre les relations qui existaient entre ces populations dispersées vivant de cueillette, de chasse et de pêche. A la fin de cette ère, lorsque déjà apparaissent des objets en cuivre et en bronze, elles inhumaient leurs morts sous de petits tumulus recouvrant des tombes en bois ou en pierre. Ainsi, sur le terroir de Menez Banal, plusieurs coffres en schiste ont été mis à jour, comme celui de Park Ar Voger, non loin d'une structure en U, sorte d'enceinte composée de talus épais et très anciens, faisant penser à un enclos préhistorique, malheureusement disparu par suite des remembrements. De la même période (celle du cuivre, entre 2000 et 1500 ans av. JC) semblent être le tumulus de Kerbizien dans la parcelle de Park an Groas, les deux coffres trouvés à 100 m au nord de Kervoen, et les quatre autres signalés en 1914 à Lannach près de la chapelle ND disparue depuis, dans un champ dit «Park Bras an Traon».
Dans l'une de ces tombes fut découvert un disque en schiste grand comme une pièce de monnaie, orné de rayures évoquant un symbole solaire.

Diverses découvertes
Enfin, sans doute un peu plus récents, les trois tumulus de Ti Roue au nord de la commune où furent trouvés en 1888 un vase à deux anses et une petite pointe de flèche en silex rouge, typique de la période du bronze ancien.
De ce même âge semblent être la hache de bronze à 15 % d'étain du Park Misteric et le dolmen dit de St Theleau isolé dans un grand champ remembré non loin de Lanloch, daté, grâce aux cupules visibles sur la dalle de couverture, du début de l'âge du bronze, mais le site fut utilisé sans doute depuis beaucoup plus longtemps puisqu'un grattoir de pierre polie fut découvert en 1935 près du dolmen.
Un site fortifié. La nécropole de Penfoul.
Depuis les fouilles de 1980 au village de Penfoul, nous avons plus de détails concernant les populations armoricaines préceltiques et celtiques qui toutes ont contribué aux origines de la population actuelle. Ces habitants de la fin de l'âge du bronze et de l'âge du fer se consacraient surtout à l'élevage des moutons, des porcs semi-sauvages, des petits chevaux et de quelques bœufs domestiqués. Ils pratiquaient aussi la culture de céréales sur brûlis et leurs défrichements semblent avoir été importants. Leurs campements étaient légers: des cabanes sommaires en bois avec parfois une assise en pierres. Ils s'habillaient de laine et de cuir et pratiquaient la métallurgie du cuivre et du bronze grâce aux ressources du sous-sol. Sans doute l'insécurité était fréquente et prévoyaient-ils quelques sites protégés. Les fouilles de Penfoul en ont mis un à jour : un camp fortifié sur une butte naturelle de 1m de haut sur 15m de diamètre seulement, mais suffisante pour qu'on puisse découvrir de son sommet tout le paysage des Monts d'Arrée aux Montagnes Noires et y établir un poste de surveillance. Ce site comportait outre un fossé principal extérieur, un talus médian et un fossé intérieur.
Autour du fossé principal étaient construites des habitations dont on a retrouvé des éléments en bois correspondant aux clayonnages d'une hutte. Leurs occupants pouvaient ainsi se réfugier à l'intérieur de l'enceinte en cas de danger. Des charbons de bois trouvés au bord du fossé ont permis de dater ce site de la période s'étendant entre 800 et 400 av. JC, c'est à dire du bronze final au 2e âge du fer.

Coupe schématique du camp fortifié de Penfoul.
A 80 m de cet habitat était le cimetière utilisé par les mêmes populations mais aussi par leurs descendants auxquels se joignirent progressivement à partir du IVe ou IIIe siècle des Celtes venus de l'Est, sans doute par petits groupes qui s'infiltrèrent, se mélangèrent progressivement aux anciens occupants.
Le sous-sol de la nécropole est schisteux avec des intrusions de quartz. Le site a du servir d'abord à une fonderie de cuivre et de bronze s'il faut en croire la découverte d'un lingot de cuivre pesant 3 kg, de 165 mm de diamètre, dans le village de Penfoul. Le cimetière utilisé pendant plusieurs centaines d'années, de la période du bronze final à la conquête romaine, présente l'aspect d'un tumulus formé par l'accumulation de vases en largeur, en profondeur et en hauteur.
Les urnes avaient été mises les unes au dessus des autres, celles du fond le plus souvent écrasées et celles du dessus abîmées par les socs des charrues au cours de notre ère. Ces populations pratiquaient en effet systématiquement l'incinération: on a retrouvé des fosses au sol brûlé, là où étaient les bûchers. Il ne s'agit pas de sépultures riches mais bien de tombes modestes au matériel funéraire pauvre. Parmi cellesci, des formes inconnues jusqu'alors ont été mises à jour : plusieurs fosses collectives de même qu'un coffre de 80 cm x 45 x 30 avec de nombreux débris plus ou moins calcinés se révélant être des squelettes d'enfants; rien d'étonnant en cette époque où la mortalité infantile était considérable.
Pour ceux qui en avaient les moyens, et pour les adultes, au milieu de massifs de pierres à rôle rituel, les cendres étaient déposées dans des urnes dont le nombre présente une série céramique exceptionnelle, allant du bronze final à la fin de l'âge du fer et peut-être au delà. L'une des plus belles « l'urne à la marguerite » avec son fond bombé, son allure galbée, sa surface noire et lustrée, comporte une cupule centrale entourée de neuf petites cupules. Enfin, de toutes ces cendres, on a pu extraire des fragments de bracelets en bronze, des anneaux de fer ; des boutons de bronze plombeux ; des éléments de fibules en fer (ressorts de broche à dix spires) manifestement celtiques et même l'ébauche d'une statue: une tête humaine dans un bloc de quartz.
Pour compléter le tout, il est fort probable que le site était surmonté d'une stèle en granit comme ce fut le cas en d'autres cimetières protohistoriques : ce «menhir indicateur» a été retrouvé dans un fossé non loin du tumulus et redressé depuis près de la ferme de Penfoul.


 
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Les Osismes.
Ces objets, ces urnes sont pour Landeleau les précieux restes de la «civitas des Osismes» c'est à dire de l'ensemble des tribus qui occupaient avant la conquête romaine la partie la plus occidentale de l'Armorique. Ses habitants avaient pour ancêtres à la fois les populations préceltiques et les Celtes qui avaient peu à peu colonisé le pays. Leur civilisation étant plus avancée que celle des autochtones, ils avaient imposé leurs coutumes et leur langage. Le parler précédent nous est inconnu en effet bien qu'ayant subsisté dans la toponymie : certains noms de lieux sont préceltiques et le nom "Osisme" le serait aussi. Les nouveaux venus étaient agriculteurs et ont peut-être été les premiers à construire les champs rectangulaires enclos de talus pour la culture des céréales et l'élevage du bétail. Ils étaient aussi artisans, travaillant les métaux et particulièrement le fer. Ils avaient réussi à établir entre les tribus une certaine unité politique attestée par l'existence de belles monnaies de plusieurs types.
Les fouilles à Landeleau
Dans le sous-sol de Landeleau n'ont pas été jusqu'a ce jour trouvé de pièces de ce genre: pas d'objets précieux comme les Celtes en ont laissé sur leur passage dans toute l'Europe; pas d'armes ciselées appartenant à des chefs de guerre; pas de poteries très riches comme en d'autres sites armoricains; mais les témoignages émouvants d'une population rurale laborieuse où le fonds préceltique était encore très important.
 
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Une empreinte romaine superficielle ?
Nous sommes donc réduits à ne trouver que des «traces» légères de la période gallo-romaine: ainsi cette enceinte quadrangulaire de 80m de côté en talus de terre doublés de fossés autour de ce qui fut Castel Grannec, qui fait penser à la forme et aux proportions d'un camp romain. Même si la présence de quatre tourelles aux quatre coins (attestées par le chanoine Moreau au début du XVIIe siècle fait plutôt penser à une construction médiévale, celle-ci semble s'être inspirée d'une construction plus ancienne.

Castel Grannec
On pourrait s'attendre à ce que le territoire de Landeleau, proche du centre de Vorgium (Carhaix) ait été plus que d'autres romanisé. Il semble bien qu'il n'en fut rien. On constate en effet qu'il fait partie d'une des régions les plus pauvres en vestiges gallo-romains, et l'une des moins peuplées aux premiers siècles après JC. Sans doute les occupants étaient-ils dispersés en petites et moyennes exploitations, leur habitat étant resté aussi rudimentaire qu'aux siècles précédents : très difficile donc d'en retrouver les traces d'autant plus que ces tenanciers étaient déjà installés aux emplacements des villages actuels occupés successivement depuis, rendant toute fouille pratiquement impossible. Sans doute aussi les belles « villae » en maçonnerie et toits de tuiles furent-elles rares, les riches colons préférant habiter la ville : cette dernière, Vorgium, semble bien avoir été un chef lieu artificiel presqu'entièrement créé par les nouveaux maîtres au centre de cette vaste «civitas des Osismes» pour fédérer plus étroitement des «pagi», subdivisions territoriales restées presque autonomes à l'époque gauloise.
 
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Les Invasions barbares
Les migrations en Europe occidentale du IIIe au VIIe siècles:

I: Invasions barbares (dont les Francs et les Anglo-Saxons)
aux IIIe, IVe, Ve siècles.

Il : Poussées des Scots et des Pictes celtes vers le Pays de
Galles aux IVe et Ve siècles.

III : Poussée Anglo-Saxonne vers le Pays de Galles et la
Cornwall aux VIe et VIIe siècles.

IV: Immigration Bretonne vers l'Armorique du IIIe au VIIe
siècle.

 
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Les origines de la paroisse
Après les invasions, la fondation d'un ermitage par St Thélo
Au IIIe siècle commencèrent les invasions barbares qui allaient provoquer l'effondrement de l'Empire romain.
Aux attaques extérieures s'ajoutèrent des désordres tels que les révoltes de paysans gaulois contre le pouvoir politique, entraînant la décadence des villes comme celle de Vorgium, le recul économique et un déclin démographique grave attestés par les recherches archéologiques. C'est alors que commença la lente immigration des Bretons d'Outre-Manche, qui allait se maintenir jusqu'au VIIe siècle. La mer n'avait jamais été une frontière mais plutôt un lien entre Grande Bretagne et Armorique. L'administration romaine elle même avait fait venir des soldats bretons en Gaule pour la défense de l'Empire contre les «barbares» venus de l'Est.
Sans doute avait-elle même favorisé l'arrivée des émigrés pour repeupler l'Armorique. Ceux-ci venus du Pays de Galles ou d'Irlande quittaient leur île pour des raisons économiques, sociales ou politiques: ainsi les pressions qu'ils avaient subies de la part des Pictes et des Scots, envahisseurs Celtes venus du nord aux IVe et Ve siècles : ou celles des Angles et des Saxons, peuples germaniques déjà installés à l'est de la Grande-Bretagne et qui s'infiltrèrent vers le sud aux VIe et VIIe siècle. Rien d'étonnant à ce que l'Armorique ait été pour les immigrants une terre de prédilection: ses habitants, celtes aussi, les Osismes, les Coriosolites et les Vénètes, tout en ayant été soumis à l'influence romaine pendant au moins trois siècles, avaient gardé leur langue et leurs coutumes proches de celles des nouveaux venus.
Un ermitage celte.
Landeleau a une origine religieuse : le mot celte «lan» signifie «lieu consacré à un saint», «ermitage». Cette forme d'établissement fréquente en Pays de Galles a succédé de peu, dans le temps, aux paroisses proprement dites, les «plous». Au terme «lan» est adjoint le nom d'un saint que l'on considère comme le fondateur de l'ermitage.
 
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Vie et Légende de Saint-Thélo
Saint-Théleau
Saint Théleau est l'un des nombreux saints celtes jamais reconnus officiellement par Rome, moines itinérants venus du Pays de Galles ou d'Irlande. En ces religieux, on peut voir aussi des chefs de clans issus des grandes familles bretonnes émigrées en Armorique. Les récits de leurs «vies» écrits dans les abbayes entre le VIIe et le XIIIe siècle comptent parmi les rares documents que nous possédons pour essayer de comprendre cette période obscure entre les invasions barbares et l'époque féodale. Là se mêlent étroitement l'histoire et la légende : deux «vies» de Saint Théleau nous sont parvenues.
Une écrite en latin au XIIe siècle -.c'est le «livre de Liandaf», l'un des quatre principaux évêchés du Pays de Galles, actuellement dans la banlieue de Cardiff.
Une autre écrite en français au début du XIVe siècle (et traduite du latin).

Vie de Saint Théleau.
En voici un résumé : St Théleau (orthographié aussi Telo Theliau, Thelyan, latinisé en Telianus) aurait vécu au VIe siècle ; appartenant à une grande famille galloise, il aurait dirigé un monastère et même l'évêché de Liandaf. Au retour d'un voyage à Jérusalem, il aurait quitté le Pays de Galles avec les siens, chassés par la peste, pour rejoindre St Samson, son ami d'enfance, à Dol, puis son beau-frère Budic en Cornouaille. C'est ainsi qu'il vint sur les bords de l'Aulne. Son existence est attestée par la toponymie: vingt cinq lieux portent son nom en Galles et huit en Bretagne entre Dol et la Cornouaille. Il serait resté là sept ans et sept mois avant de repartir en son pays d'origine où il mourut entre 560 et 580.

La légende.
Le récit précédent, très vraisemblable, atteste l'existence du personnage historique mais il est accompagné dans les deux textes de nombreuses histoires allégoriques et de la description de miracles.
dernière mise à jour
2017-06-27
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