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|  U.S. Landeleau, Football | Roger Le Fell à l’U.S. Landeleau |  Landeleau et la Résistance, 1943-1944 |  La chute des avions |  L’HISTOIRE DU MAQUIS à LANDELEAU |  La Libération |  EPILOGUE, La Commémoration du crash du Boot Hill survenu le 17 mai 1943 |  La stèle inaugurée à Kerampres le 11 mai 2003 | 

U.S. Landeleau, Football
1943-2003: Les 60 ans du club
Historique du club

La première ébauche des statuts date du 10 juin 1941. Louis Quelfennec était désigné président, monsieur Guichoux, vice-Président, messieurs Guillaume Hourmant, maire de l’époque, et François Barazer, présidents d’honneur. Finalement, la notification d’agrément au ministère de la Jeunesse et des Sports date du 7 septembre 1943 et la déclaration de la constitution officielle à la sous-préfecture remonte au 18 septembre 1943. Mais à peine né, le club se mettait en sommeil en cette période de conflit.
L’inscription au répertoire départemental des associations déclarées date du 19 avril 1944 selon un document de la préfecture du Finistère. Le 25 février 1947, la modification du bureau est enregistrée à la sous-préfecture, Francis LE MOAL, directeur de l’école publique devenait président de l’association,
qu’il prenait en main avec quelques chevronnés, dont François Rivoal (secrétaire) et François Le Gall (trésorier). La première parution au journal officiel date du 9 mars 1947, sous le nom d’Union Sportive Landeleausienne dont le but est la pratique des sports et notamment le football, le basket et l’athlétisme.
Son siège se trouve à l’école publique de Landeleau.

Yves Menthéour et François Hourman faisaient partie de la formation qui a effectué le premier match en compétition officielle à Leuhan, vraisemblablement en 1953. Francis Le Moal a assuré la présidence jusqu’en 1955 après avoir baptisé les joueurs landeleausiens de « Marcassins », en hommage aux « sangliers » d’Huelgoat où il jouait préalablement. Sans nul doute, son influence d’instituteur a donné l’amour du football à plusieurs générations d’écoliers. Un autre instituteur, M. Gautier, lui succédait de 1955 à 1957, avant que François Rivoal (directeur du collège) ne démarre un mandat de dix-sept ans jusqu’en 1974.

Roger Le Fell a assuré la succession pendant vingt-quatre ans jusqu’en 1998. Quatre équipes seniors étaient alignées dans les premières années de sa présidence. En 1976, l’équipe A accède à la Promotion de 1ère Division et en 1982 en 1ère Division. L’équipe fanion refera l’ascenseur une nouvelle fois avant de monter en Ligue pour la première fois de son histoire en 1994, elle restera six ans en Promotion d’Honneur. L’équipe B a fait également l’ascenseur plusieurs fois entre la 2ème division et la Promotion de 1ère division et est même montée en 1ère division en 1999. Le club compte à ce jour trois équipes seniors pour un effectif de cinquante licenciés seniors et vétérans, quarante jeunes et trente-deux dirigeants.
 
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Roger Le Fell à l’U.S. Landeleau
L’emblématique Roger Le Fell
C’est en 1958, dès qu’il pose ses valises à Landeleau où son épouse ouvre un restaurant au bourg,
que Roger s’implique dans le club de football local. François Rivoal, le Président de l’U.S. Landeleau et directeur du collège fait appel à lui pour l’aider à la formation des équipes. Roger se prend alors au jeu et devient un dirigeant très actif, toujours prêt à rendre service. Tout naturellement il est sollicité en 1974 pour remplacer son recruteur à la présidence de l’association. Il y reste pendant vingt-quatre ans, bien épaulé par Lisette, son épouse. Le club alignait jusqu’à quatre équipes seniors engagées en championnat dans les premières années de sa présidence. En 1994, L’équipe A accédait pour la première fois de son histoire à la ligue de Bretagne avec la montée en Promotion d’Honneur, une véritable performance pour une commune de 1.000 habitants où le travail de longue haleine a fini par porter ses fruits.

Les qualités de pédagogue de Roger et son sens du relationnel en font un personnage apprécié de tous.
Il préside la coupe du Poher en solidarité aux joueurs blessés pendant dix ans de 1984 à 1994.
Dans les années 1980, Roger était également membre de la commission de discipline du District 29 sud.
En 1998, il cède la présidence de l’association. Depuis, il reste un dirigeant moteur. En effet il accompagne toujours les équipes, il s’occupe des ballons et des pharmacies du club et il fait également partie de la commission sponsoring.

De sa sage expérience, il sait faire profiter habilement ceux qui veulent bien l’écouter.
A soixante-treize ans et depuis quarante-cinq ans, Roger a toujours su rester humble avec en fil conducteur la défense des valeurs du football par le respect de tous. C’est un rassembleur qui prône en priorité la convivialité au sein de son association, fédératrice de résultats sportifs à ce niveau.

C’est donc en toute logique que le Conseil Général lui a décerné le trophée de l’esprit sportif, destiné à récompenser toute personne ayant eu une attitude exemplaire sur le plan du comportement sportif et de son éthique, le vendredi 12 décembre 2003 à Quimper.
 
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Landeleau et la Résistance, 1943-1944
Voici retracés en quelques lignes, 59 ans après, les événements qui se sont déroulés à Landeleau sous l’occupation allemande.
Pour avoir vécu et participé activement à ces faits marquants, je pense qu’il est bon par devoir de mémoire, pour les jeunes et les amis de rappeler ces faits historiques…j’allais avoir 20 ans.
 
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La chute des avions
le 13 février 1943,
vers 20h30, par un clair de lune glacial, dans un grand bruit, un avion en feu survole le bourg de Landeleau à basse altitude et s’écrase à environ quatre kms du côté de
Leign-ar-Ménez. Courant aussi vite que possible, j’arrive sur les lieux et constate que l’avion s’est cassé en deux, une partie de chaque côté de la route allant de Landeleau à Kergloff au lieu-dit Ty-ar-Nevez.
J’étais sur la route quand un cultivateur, M. Baraër de la ferme de Kerscaven, m’apprend qu’il a vu et entendu quelque chose dans le champ voisin à côté d’un morceau de l’avion.
A ma stupéfaction, il y a, gisant au sol, un aviateur avec son parachute accroché à la queue de l’appareil.
Sans hésiter, nous le transportons dans la maison voisine où il décède dans la nuit.
Marie-Jeanne Berthélémé, me connaissant bien, n’avait fait aucune difficulté pour le recueillir.
C’était le mitrailleur de queue (la mauvaise place dans l’avion). Il avait 20 ans et s’appelait Bill Freeman, il fut enterré au cimetière de Carhaix où il repose toujours.
J’ai eu le plaisir de rencontrer sa sœur et son beau-frère qui se sont recueillis sur sa tombe en 1995, après avoir vu le point de chute et la maison où il décéda.
L’avion était un bombardier quadrimoteur « Halifax » de la Royal Canadian Air Force et avait été abattu alors qu’il revenait de bombarder Lorient. Entre-temps, deux autres aviateurs étaient récupérés autour de Pont-Triffen par Yves Suignard et Marie-Jeanne Moal qui rentraient de la gare. Il y avait sept membres d’équipage au total.
une partie du bombardier Halifax de la Royal Canadian Air Force, tombé à Ti-ar-Nevez
Le lendemain matin, dimanche 14, renseigné sur la présence d’un aviateur à Kervoën par
Louis Gouez, accompagné de Lambert Lescoat, nous arrivons rapidement au village.
L’aviateur nous attendait sur le seuil de la maison de Job Bernard, il logea aussi chez Le Coënt.
Vite habillé en civil, un bâton en guise de canne, en route à travers champs, après une halte à la carrière Scouarnec, car il souffrait d’une cheville, nous le cachons au bois du Comte, près du bourg. A midi je lui apportais un casse-croûte et je lui faisais comprendre de ne pas bouger de la journée. A la nuit tombée, il rejoindra les deux autres à la maison dite de François Guillou sur la route de Pont-ar-Stang.
Trois autres étaient tombés à Spézet. Quatre ont regagné l’Angleterre par le réseau Pat O’Leary qui sera décimé par les Allemands peu après, suite à dénonciation, et un autre aviateur est fait prisonnier en Suisse.
le 17 mai 1943,
une forteresse volante américaine B17 s’écrasait sur Kerampres entre Landeleau et Plonévez-du-Faou. Il était environ 12h30, il faisait chaud. Je file vers le point de chute par des raccourcis. En revenant sur la route, je tombe nez à nez avec un aviateur qui roulait à vélo vers le bourg (vélo qu’il avait arraché des mains de Marie-Anne Lagadec qui était venue sur les lieux de la chute).
Je le camouflais au Cleuziou chez Job Roignant. Dans la soirée, il sera conduit au bourg.
Pour information, il y avait deux morts dans l’avion, trois aviateurs furent faits prisonniers à Châteauneuf-du-Faou.
Six membres de l’équipage furent sauvés et hébergés au bourg, trois chez Pierre Puillandre (tabac devant l’église) et trois chez François Guichoux (tailleur qui mourût en déportation).
Ils regagneront Carhaix dans un camion sous des fagots à la barbe des Allemands toujours par le réseau « shelburn » de Plouha en vue d’une évacuation par mer. Finalement, certains partiront par l’Espagne.






Quelques documents, dont la copie de certains originaux, et des lettres échangées avec Louis Haltom, le pilote de l'avion "Boot Hill", ont permis de savoir qu'elle était la mission de l'avion tombé à Landeleau ce jour là, et de connaître l'histoire de son équipage, après sa chute juste entre les communes de Plonévez du Faou et de Landeleau.

La mission du Boot Hill (en anglais)
L'Histoire du dernier vol du Boot Hill
depuis l'original paru dans la revue 96th Bomb Group Newsletter,
The first to fall - Boot Hill 17 May 1943

Le rapport fait par les membres de l'équipage, lors de leur retour à leur base en Angleterre 3 mois après la chute de l'avion.
Traduction faite depuis une copie des documents originaux Américains.


Et c’est ainsi que Landeleau entra dans la résistance, avec, au départ, une équipe de six copains.




En 1998, invité à Washington par l’Association des Aviateurs Rescapés (AFEES), j’ai revu deux aviateurs qui étaient passés par Landeleau.
Quelques uns des membres de l'équipage du Boot Hill
de G à D: Roy Martin, Louis Haltom, Glenn Wells, Rob McGuinnis et William Martin
 
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L’HISTOIRE DU MAQUIS à LANDELEAU

Après l’épisode des avions, les Allemands procédèrent à plusieurs arrestations à Carhaix et à Landeleau et il fallait souvent se cacher. (J’avais trois points de chute). Le réseau PAT O LEARY est démantelé par les Allemands suite à une dénonciation, et on arrive à la création du maquis, c’est la compagnie « SURCOUF » formée par 60 jeunes de Landeleau et des environs.
Mon père, Jacques Blanchard, est à l’époque responsable de la Résistance à Landeleau.
De nombreuses réunions se tenaient à la maison avec des responsables de Carhaix et de Châteauneuf. Je n’avais pas le droit d’assister à certaines réunions. Le chef de la brigade de gendarmerie de Châteauneuf-du-Faou était responsable de l’administration des maquis.
Il fallait que chaque volontaire choisisse un pseudonyme commençant par la première lettre de son nom (pour moi « Bugeaud »).
La compagnie Surcouf était rattachée au Bataillon Normandie de Châteauneuf-du-Faou, j’étais alors désigné agent de liaison entre les maquis de Spézet, de Châteauneuf-du-Faou et de Saint-Thois. Je me souviens que tous les noms étaient cachés dans une vieille paire de chaussures au fond de l’atelier.
Un premier parachutage a lieu dans la nuit du 11 au 12 mai 1944 auprès de Pénity-Saint-Laurent à la Montagne. Mais le dimanche 14 mai, les Allemands encerclent le secteur, arrêtent un résistant de Carhaix et ramassent les armes, agissant toujours sur dénonciation. Un traître s’était glissé dans le groupe de Carhaix. Ce n’était que partie remise.
Un second parachutage a lieu le 17 juillet 1944, aux environs de Kerbellec, annoncé par le message personnel de la radio de Londres : « La lune brille sur le dolmen – répété trois fois », message secret que j’ai entendu chez Albert Bex à Pont-Triffen. Il n’y avait plus de postes radio au bourg, tous ayant été ramassés par les Allemands.
Environ cinq tonnes d’armes tombèrent du ciel ainsi que trois officiers de la France Libre,
trois Bretons nom de code : « Egalité, Equation et Equivalence », en réalité : Bernard, Bossard et Siche. C’était une équipe « JEDBURGH » parachutée pour nous former.
Le maquis s’installe d’abord dans le bois de Coat-Bihan. On campe sous les parachutes, la cuisine s’installe dans le village, un groupe est chargé de la garde du village et des pluches…
Puis c’est l’organisation de nombreuses patrouilles pour ne pas se faire encercler par les Allemands.
 
 
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La Libération
L’ordre d’attaquer arrive le 3 août par la diffusion du message « le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? »
Puis vinrent les embuscades le long de la route de Carhaix à Châteauneuf-du-Faou et Pleyben dont la tragédie de Pont-ar-Stang.
Une de nos embuscades permit de prendre six motos aux Allemands et de faire un prisonnier.
Landeleau est libéré le 5 août 1944 par la 6ème division de l’armée américaine de Patton dont je possède le journal de marche depuis leur débarquement à UTAH BEACH en Normandie jusqu’à Brest, en passant par Landeleau à l’aller et au retour, pour continuer jusqu’à Metz.
Ce jour avait lieu au bourg les obsèques des victimes du Cloître. Trois avions américains, sans doute trompés par la foule, firent deux passages en mitraillant la colonne américaine et la foule.
C’est un miracle de ne pas avoir dénombré de victimes.
Jean Marin, porte-parole de la France Libre à Londres, de passage à Landeleau, s’arrêta boire un verre de cidre à la maison avec mon père.

Après Châteauneuf-du-Faou, Pleyben, Châteaulin, la compagnie participe au bouclage de la presqu’île de Crozon, d’abord du côté de Dinéault puis entre Telgruc et Tal-ar-Groas,
jusqu’au 20 septembre, date de la reddition des Allemands qui refusaient de se rendre aux « terroristes » (nom donné aux Résistants par les Allemands). La compagnie se replia à Saint-Nic pour laisser les Allemands se rendre aux Américains.
La dissolution du maquis est faite à Châteaulin fin septembre. La majorité des membres de la compagnie Surcouf signèrent un engagement pour la durée de la guerre et partirent sur le front de Lorient jusqu’au 08 mai 1945.
Ayant postulé pour l’aviation, je pris en décembre 1944 la direction de Nantes Château-Bougon par Landerneau, Rennes, Châteaubriant et arrivée à Nantes en pleine nuit puis à pied jusqu’à Château-Bougon.
Je précise pour l’histoire que « Surcouf » était une compagnie F.F.I. Sous le contrôle du mouvement « libération » reconnu à Londres, nous recevions nos ordres du P.C. installé au Plessis sur la commune de Laz, celui-ci était composé d’un officier français, d’un officier américain et d’un radio écossais.
Plus d’une centaine de messages furent transmis dans les deux sens entre Le Plessis et Londres, malgré les essais de détection effectués par l’occupant. Il faut aussi citer la rafle faite par les Allemands le 14 juillet 1944 qui regroupa tous les hommes du bourg dans la cour de l’école des garçons pour une fouille serrée. A la même heure, au café de Marie Bex à Pont-Triffen, encerclé par les Allemands, une mitrailleuse en batterie sur la porte, étaient retenus plusieurs clients parmi lesquels Pierre et Lambert Lescoat et moi-même.
Nous fûmes relâchés vers 18 heures après fouille et vérification des papiers d’identité qui avaient heureusement été falsifiés.
Il y aurait beaucoup d’autres anecdotes à raconter, ce sera pour une autre fois…

Louis BLANCHARD.
le 5 août 1944, arrivée des Américains de la 6ème division blindée, 212ème Régiment d'artillerie de campagne
lien vers le site des anciens du 212e régiment d'artillerie US (en anglais) qui cite son passage par Landeleau.
 
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EPILOGUE, La Commémoration du crash du Boot Hill survenu le 17 mai 1943
Le 11 mai 2003, 60 années après, Landeleau se souvient
Hommage à des aviateurs américains
Photos Lucine Jégat-Lallouet, Le Télégramme
En présence du sous-préfet de Chateaulin
 
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La stèle inaugurée à Kerampres le 11 mai 2003
Photo Louis Blanchard
dernière mise à jour
2017-11-18
 Mairie de Landeleau 29530 Landeleau  commune-de-landeleau@wanadoo.fr visites
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