Souvenir du 3 Août 1944

 

  

En présence des maires de Landeleau et de Plonévez-du-faou, des anciens combattants, et de plus d'une centaine de concitoyens s' est tenue le 03 Août 2001 devant la stèle de Pont ar Stang la commémoration du combat oú périrent de nombreux résistants et otages massacrés par l' armée allemande.

 

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La stèle fleurie à la mémoire des résistants et martyrs

Extrait de la monographie Landeleau (éditée en 1987 par l'association Kan An Douar)


Dès le matin du 3 août, 80 maquisards de Château Gall commandés par le capitaine Logoguet se postèrent en embuscade à Pont Stang Bihan, surveillant la route Châteauneuf-Carhaix. 
Là en effet survinrent, s'étalant sur plusieurs kilomètres, des unités allemandes qui se dirigeaient vers le front de Normandie. Ils étaient environ un millier d'hommes, militaires et civils réquisitionnés.

Lorsqu'ils arrivèrent à la hauteur du passage à niveau du chemin de fer de Pont ar Stang, les résistants les attaquèrent à la grenade et au fusil mitrailleur, en tuant trois et en blessant plusieurs.
Vite remis de leur surprise, les Allemands qui étaient des soldats aguerris et beaucoup plus nombreux, décidèrent d'encercler leurs attaquants. 
Ceux-ci, mal armés, s'enfuirent pour tenter de résister au village du Cloître. Plusieurs furent fauchés par les mitrailleuses en gravissant le chemin menant au bourg, et un canon ayant pris pour cible le territoire du Cloître, les survivants se replièrent sur les bois du Moustoir et de Coat Bihan. 

C'est alors qu'une répression sauvage commença: les Allemands prirent à Pénity Raoul quatre otages: Joseph Le Bon et son fils Pierre, Pasquet et Marcel Rassin. Jean Louis Roussel put s'enfuir de même qu'Hervé Cam. Les soldats mirent le feu aux maisons le long de la route: les habitations Daniel, Bourguineau et Mahé, garde-barrière. Dans la première furent précipités et fusillés les quatre otages; dans la dernière périrent aussi Mme Mahé et sa fille. 
Pendant ce temps, un autre groupe mettait aussi le feu à la ferme du Cloître.
Les fermiers, M. et Mme l'Haridon, ainsi que leur fille Marie, âgèe de 21 ans, s'étaient enfuis à Kerankoz, propriété de M. Suignard. Marie, toute bouleversée d'avoir vu plusieurs patriotes blessés sans secours, en avertit l'abbé Jean Suignard, professeur de philosophie au petit séminaire de Pont Croix, en vacances chez sa mère. Celui-ci partit sans hésiter à leur secours, suivi de Marie et de Louise Bideau âgée de 65 ans, rencontrée en chemin. Le lendemain on trouva leurs trois cadavres calcinés dans un appentis de la ferme du Cloître. L'abbé portait une trace de balle dans la tête.

Enfin, ce n'est pas tout: M. Deniel et sa fille Emilie, M. Bourguineau et sa femme née Solange de Visme avaient été arrêtés aussi, conduits au bourg et fusillés dans la soirée au pied du mur de l'école de garçons. 

Avec André Le Gall, patriote tué le lendemain à côté de la chapelle de Pénity St-Laurent, cela faisait 33 victimes dont les noms sont gravés sur le monument que la commune a érigé à leur mémoire à Pont-ar-Stang.